HENRI STRINATI


Romancier, passionné d’histoire médiévale

Faire revivre l’Histoire à travers ceux qui auraient pu la traverser.

DES CHIFFRES AUX MOTS

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Une vie professionnelle avant la littérature.

Avant de se consacrer à l’écriture, Henri Strinati a mené une longue carrière dans l’entreprise et l’administration. Comptable à ses débuts, puis informaticien, il a travaillé pendant trente ans dans l’industrie, dont quinze années comme directeur général adjoint. Après une reprise d’études à cinquante ans, il a ensuite rejoint la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Moselle, où il a exercé pendant dix ans comme conseiller.

Mais les mots l’accompagnent depuis bien plus longtemps. Dès l’adolescence, il note des idées, des pensées et des phrases d’auteurs qui l’ont marqué. Il découvre très tôt ce qui ne le quittera plus : quelques mots suffisent parfois à ouvrir un autre monde et à faire voyager l’imagination.

À vingt-neuf ans, il va jusqu’à écrire un scénario destiné à Jean-Paul Belmondo et Alain Delon et le leur envoie. Tous deux lui répondent — leurs emplois du temps ne leur permettent pas de donner suite. L’histoire ne deviendra jamais un film, mais l’envie de raconter, elle, demeure.

LE GOÛT DU MOYEN ÂGE

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La fascination d’Henri Strinati pour le Moyen Âge remonte à ses années d’école et à la découverte de la rivalité entre Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste : d’un côté, la figure du chevalier ; de l’autre, celle du souverain et du stratège politique.

À cette première rencontre avec l’Histoire viennent bientôt s’ajouter Chrétien de Troyes, Lancelot ou le Chevalier de la charrette et toute la littérature arthurienne. Les grandes fresques populaires de son enfance, comme Ivanhoé, contribuent elles aussi à nourrir cet imaginaire.

Plus tard, Maurice Druon, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Jules Verne, Tolkien, Jack Whyte ou encore Ken Follett viennent élargir cet univers littéraire.

Mais le Moyen Âge se découvre aussi sur le terrain. Montségur, les commanderies templières et hospitalières, les forteresses, les châteaux de la Loire, Le Mans, Saint-Malo, Gubbio ou Urbino sont autant de lieux qui nourrissent son écriture. Marcher dans une vieille ville, observer une muraille ou entrer dans une église, c’est déjà imaginer ceux qui auraient pu y vivre plusieurs siècles auparavant.

« Quelques mots suffisent parfois à ouvrir un autre monde. »

ENTRE HISTOIRE ET FICTION

Le cadre historique comme point de départ, les personnages comme moteur du récit.

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POURQUOI LES TEMPLIERS ?

Avec L’Odyssée du Templier, Henri Strinati choisit de placer son récit dans les années qui précèdent la chute de l’ordre du Temple. La lecture des Rois maudits de Maurice Druon a compté dans ce choix : sa saga prend place juste avant le monde politique que Druon a rendu célèbre.

Ce qui le fascine chez les Templiers tient autant à leur idéal qu’à leur destin. Un ordre né notamment pour protéger les pèlerins devient une puissance militaire, politique et financière considérable avant d’être frappé par Philippe le Bel et son administration.

Cette confrontation entre idéal, pouvoir, justice et raison d’État offre au romancier un terrain particulièrement fertile pour mêler aventure et Histoire.

LAISSER VIVRE LES PERSONNAGES

Henri Strinati ne construit pas ses romans comme des architectures entièrement dessinées à l’avance. Il connaît généralement la fin vers laquelle il veut conduire son histoire, ainsi que ses personnages principaux, mais il préfère conserver une grande liberté dans le chemin qui les y mènera.

Au fil de l’écriture, les personnages voyagent, rencontrent des alliés et des adversaires, traversent des villes, des paysages et des événements historiques. Peu à peu, ils imposent leur propre rythme au récit.

La documentation historique fournit alors le cadre : géographie, architecture, vie politique et religieuse, mœurs et vie quotidienne doivent être suffisamment justes pour que la fiction puisse s’y développer librement.

« Dix pour cent de structure. Ensuite, les personnages prennent vie. »

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LE PLAISIR DU VOYAGE ET DE LA RENCONTRE

Faire voyager les lecteurs dans le temps, mais aussi rencontrer ceux que les livres mettent sur notre chemin.

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FAIRE VIVRE UNE AVENTURE

Henri Strinati souhaite d’abord que ses lecteurs éprouvent le plaisir de l’aventure : suivre ses personnages, voyager avec eux dans le temps, découvrir au passage un lieu, une coutume ou un épisode de l’Histoire.

Mais écrire signifie aussi laisser passer quelque chose de soi. Des souvenirs, des convictions et des interrogations se glissent dans ses personnages, parfois presque malgré lui.

« Quand j’écris, il y a toujours un peu de mon histoire et de mes pensées », confie-t-il. Une part intime, distillée au fil des personnages, qui donne à la fiction une dimension plus personnelle qu’il ne l’avait parfois prévu.

« Le grand plaisir, c’est la rencontre. »

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UNE RENCONTRE DEVENUE PERSONNAGE

Lors d’une séance de dédicaces à Creutzwald, un homme reste plusieurs minutes à quelques mètres de la table d’Henri Strinati, observant la couverture de L’Odyssée du Templier. Il finit par s’approcher et lui dit en allemand :

« Ça, c’est mon histoire. »

L’homme est Syrien et chrétien. Il a fui son pays à cause des massacres. Pendant un quart d’heure, les deux hommes parlent de la Syrie, des croisades, des Templiers et de l’Histoire. Érudit et polyglotte, le visiteur regrette seulement de ne pas pouvoir lire le roman en français.

Il s’appelle Amjad.

Quelques mois plus tard, Henri Strinati donne ce prénom à un personnage du deuxième tome : un mystérieux Chevalier de la Sagesse.

L’homme était déjà parti lorsqu’il revient quelques minutes plus tard, cette fois accompagné de son épouse.

« J’achète le livre quand même. »

Pour Henri Strinati, cette rencontre dit peut-être l’essentiel : le grand plaisir de l’écriture ne réside pas seulement dans les histoires que l’on raconte, mais aussi dans les rencontres qu’elles rendent possibles.

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